08 août 2014

Interview Les ô troubles

 

photo neige

Extrait de l'interview

J’ai beaucoup aimé ton texte « Méduse » et, comme dans beaucoup d’autres, le vampire est sensuel, la séduction essentielle. Y a-t-il des caractéristiques qui te paraissent intrinsèques aux vampires, des éléments qui sont pour toi inévitables dès lors qu’il est question de vampirisme ?

        Oui, la séduction est un thème important dans mes textes. Pour moi, le vampire est une figure qui repose avant tout sur le paradoxe et les oppositions. Il y a d’un côté la beauté, le désir, l’élégance… qui nous plongent dans une sorte d’onirisme où des êtres immortels et parfaits hantent les couloirs de châteaux somptueux. Et puis, il y a le monde des cauchemars car derrière l’illusion se cache le mensonge et l’on trouve le sang, la mort et la violence, les ambiances de cimetière. C’est cette ambiguïté qui rend le vampire intéressant car il est tiraillé par sa double nature. Je n’apprécie pas les récits où le vampire est réduit à un simple monstre, tout comme je n’aime pas qu’il devienne mielleux au point de perdre sa dangerosité.

Interview intérgrale

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04 décembre 2012

La fureur de lire

1 – D’où vous est venue cette passion pour l’écriture ?
Enfant déjà j’étais quelqu’un de timide et solitaire qui se réfugiait dans son monde mais, finalement, je n’ai mis à profit mon imagination qu’assez tardivement. J’ai réellement commencé à lire et à écrire vers l’âge de 17 ans lorsque j’ai découvert la littérature gothique.
 
2 – Quels sont les auteurs qui vous ont inspirés ?
Dans un premier temps, les auteurs du dix-neuvième siècle comme Théophile Gautier ou Sheridan Le Fanu m’ont influencée puis ce fut le tour d’Anne Rice. Par la suite, j’ai lu énormément de recueils et d’anthologies de nouvelles. Tanith Lee est sans doute l’auteur qui m’inspire le plus et notamment grâce à ses textes vampiriques présentés dans Ecrit avec du sang.
 
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06 octobre 2012

Le journal de Rebelle juillet 2012

Le journal de Rebelle permet aux auteurs de s'exprimer sur divers sujets. Dans ce numéro, je donne mon impression sur le format de la nouvelle aux côtés de Stéphane Soutoul, l'article en question se trouve aux pages 6 et 7.

Journal sur Calameo

 

De quoi parle ton recueil de nouvelles ?

Mon recueil évoque les vampires et leurs différents visages, leur capacité à traverser les âges et les continents pour vous offrir leurs sombres histoires.

Un enfant espère un jour aller sur la lune…
Une jeune fille assassine son bourreau….
Une vieille dame rencontre un homme fée.

Le vampire n’est pas toujours là où on l’attend, mais il est tapi dans l’ombre de chacune de ces nouvelles, chacun de ces poèmes.

 

Préfères-tu les romans ou les nouvelles ?

Je lis les deux genres mais la nouvelle est une forme qui me tient particulièrement à cœur. Les recueils et les anthologies me passionnent et je me bats pour qu’ils ne soient plus boudés par les lecteurs qui pensent parfois que les textes courts ne permettent pas de s’attacher aux personnages ni de rentrer dans l’histoire. Il est un vrai que le rythme du roman est très différent de celui de la nouvelle. Je dirais que le premier se dévore tandis que le second se savoure, mot après mot. La nouvelle subit peu les influences de la mode, ce qui peut expliquer qu’elle reste dans l’ombre tandis que les sagas bit-lit se vendent par camions entiers. Cependant, ce semblant de défaut est aussi la plus grande des qualités car, à l’abri des projecteurs, la nouvelle cultive sa différence et son originalité. Bénéficiant d’une forme moins stricte qui ne requiert pas les mêmes rebondissements que le roman, la nouvelle ose toutes les excentricités.

 

Que vont aimer les lecteurs dans tes nouvelles ?

– La diversité : des lieux, des époques, des genres, des tons employés.
– La cohérence : un recueil est un livre à part entière et non une simple compilation de textes, il comporte une préface, un développement et une conclusion.
– Les émotions : les vampires évoluent dans un monde d’émotions noires et de destins tragiques, ils sont le miroir qui nous reflète et nous font réfléchir sur notre propre cruauté.
– L’élégance : lorsque les textes donnent dans la poésie en vers ou en prose, que les mots bercent et emportent le lecteur dans un autre univers.

 

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Le mot de l'auteur

Un petit texte dans lequel j'explique la démarche de mon recueil :

A l’encre de tes veines est un recueil de vingt nouvelles et cinq poèmes. Tous les textes s'articulent autour de la thématique du vampire. Je souhaitais montrer les nombreux visages de cette créature complexe en réunissant des histoires aux ambiances variées, un peu à la manière d’une anthologie. Certaines nouvelles appartiennent au genre gothique dit traditionnel, d’autres se déroulent dans un cadre plus moderne tout en conservant cette atmosphère brumeuse. J’ai voulu ajouter à cela des textes qui mêlaient le vampirisme à la fantasy celtique et à la science-fiction ainsi que des textes parodiques qui permettent de souffler un peu entre deux histoires à l’accent tragique. Si deux nouvelles ont été précédemment publiées dans des revues, j’avais pour projet de réaliser un recueil plus cohérent qu’une simple compilation de textes épars. J’ai ainsi agrémenté le livre de poèmes qui structurent le tout en cinq parties. Une préface explique le titre et permet de connecter le thème de l’écriture à celui du vampirisme, chose qui se retrouve également dans un court texte en milieu de recueil et dans le dernier poème.

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05 octobre 2012

Belisam'Art avril 2012

Il s'agissait de ma première interview, juste avant la sortie de mon recueil. Les questions sont très complètes.


B’A : Pourquoi avoir choisi plutôt d'utiliser son patronyme ou un nom de plume ?
Invité : Rosenheim est un pseudonyme, je n’avais tout simplement pas envie d’utiliser mon vrai nom. J’aime beaucoup la langue allemande, le romantisme et les compositeurs classiques, les châteaux de la vallée du Rhin. Bref, j’avais envie d’un nom qui évoquait tout cela.

B’A : Comme tout auteur, il se cache derrière un lecteur assidu. Quelles sont tes amours littéraires ?

Invité : J’ai commencé par lire les classiques de la littérature fantastique comme Dracula ou Carmilla, le gothique est toujours mon style de prédilection à l’heure actuelle. Je lis beaucoup de recueils de nouvelles et d’anthologies. J’essaye également de lire un peu de fantasy, de science-fiction ou quelques romans historiques et puis j’aime les vieux livres.

B’A : Peux-tu nous parler un peu de ta passion. Comment celle-ci est née.
Invité : J’ai commencé à écrire en 2006, c’est l’univers gothique et vampirique qui m’a donné le premier élan. J’avais envie de retranscrire cette ambiance que j’aimais tant.

B’A : Qu’est-ce qui t’a motivé à la partager avec un public ?
Invité : L’idée de faire un recueil sur le thème du vampire est née assez vite et je crois que j’ai toujours eu en tête de le publier. Plutôt solitaire et timide, je voulais exister au travers de mon art.

B’A : Qu’est-ce qui a été le plus dur pour te faire éditer ? Raconte-nous un peu ton parcours.
Invité :
J’ai essuyé de nombreux refus pendant trois ans. Au fur et à mesure, j’ai peaufiné certains textes et écrit de nouveaux plus matures. Au-delà des lacunes que pouvaient présenter mes premiers essais, je crois que le style de mon livre sort un peu des sentiers battus. Les nouvelles sont parfois très courtes et cela ne plaît pas à tout le monde, de même que le style parfois très poétique. Par ailleurs, la diversité des registres m’a déjà été reprochée alors que mon but était justement de multiplier les points de vue sur une créature qui a déjà été tellement exploitée.

B’A : Comment s’est déroulé le contact avec l’éditeur quand ton manuscrit à été accepté ? As-tu dû faire des concessions au niveau de ton manuscrit (modifier certaines choses dans l’histoire) ?
Invité : Le contact avec Rebelle Editions s’est très bien passé, après une énième déception, l’équipe m’a donné la chance de réaliser ce projet alors que je commençais à sérieusement déprimer.

Il n’y a pas eu de modifications profondes sur mon manuscrit.

B’A : D’où te vient ton inspiration ? As-tu une technique pour éviter la panne sèche ou te remotiver ?
Invité :
L’inspiration peut venir de diverses choses, tout d’abord un univers, un pays, une période que je veux mettre en lumière, ensuite je réfléchis à la manière d’y introduire un vampire et de lui donner de l’originalité. L’histoire se greffe naturellement à tout cela et je la note sur un bout de papier avant de commencer la rédaction sur ordinateur.

B’À : En tant qu’auteur, qu’est-ce qui te pose le plus de difficultés ? Y a-t-il quelque chose que tu t’interdis d’écrire ?
Invité : Je suis quelqu’un de relativement peu productif et j’attends que l’inspiration me vienne sans forcer. Il est parfois frustrant d’avoir tant d’idées en tête et de ne pas réussir à les écrire aussi vite qu’elles viennent.

Je ne m’interdis rien en particulier sauf d’écrire sous la contrainte quelque chose qui ne me fait pas vibrer.

B’A :
As-tu des modèles qui t’ont inspiré ?
Invité : Les auteurs du dix-neuvième siècle ont été mes premiers modèles à commencer par Théophile Gautier et sa morte amoureuse. J’ai lu beaucoup d’œuvres vampiriques ainsi que des nouvelles en tout genre, on peut citer par exemple Anne Rice, Estelle Valls de Gomis et Sire Cédric parmi mes premières lectures. Une œuvre qui m’a beaucoup marquée est le recueil de Tanith Lee intitulé Ecrit avec du sang. Si la ressemblance du titre est une coïncidence (j’avais déjà choisi le mien avant) c’est un auteur qui a beaucoup influencé mes nouvelles les plus récentes. Ce que j’apprécie chez Tanith Lee c’est qu’elle garde la beauté et la sensualité des vampires aristocrates tout en parvenant à créer des histoires surprenantes et originales. C’est cet équilibre que je cherchais à atteindre dans mon propre recueil

B’À : Tu as adopté un style, penses-tu te risquer à effleurer d’autres genres à l’avenir ou te sens-tu suffisamment à l’aise avec le tien pour lui être fidèle ?
Invité : Je suis particulièrement à l’aise avec l’univers gothique, mais mon recueil effleure également la fantasy et la science-fiction, parfois dans un registre humoristique. Je pense que c’est l’imaginaire qui me tient à cœur d’une manière générale.

B’À : À quel personnage/créature tu t’identifies ou aurais-tu aimé être ?
– Et parmi les personnages/créatures de tes œuvres ? Qui te ressemble le plus ? Lequel aurais-tu voulu être ?
Invité :
Un personnage que j’admire beaucoup est Clarimonde, la vampire de La morte amoureuse, texte que j’ai déjà cité plus haut.

Parmi mes personnages j’aime beaucoup Céleste, mais d’autres me ressemblent aussi beaucoup comme Edward ou Anneke. D’une manière générale, j’aime créer des personnages qui partagent mon désenchantement et mon cynisme.

B’A : Quelles œuvres aurais-tu aimé écrire ?

Invité : Ecrit avec du sang de Tanith Lee

B’A : As-tu d’autres activités en parallèle qu’elles soient artistiques ou non ?
Invité : Je joue du piano et de la guitare, vous pouvez entendre l’une de mes compositions (au piano) sur le trailer du recueil. J’aimerais beaucoup intégrer un groupe de black metal. En attendant, l’écriture reste ma priorité même s’il faut avouer que la musique demande plus d’efforts au quotidien. Je suis aussi modèle et photographe, mais je préfère rester dans un cadre amateur pour cette activité là.

B’A :
Comment t’organises-tu pour tout concilier ?
Invité : Mes études me laissent pour le moment le temps de me consacrer à mes divers projets, mais il est vrai qu’il faut choisir ses priorités, tout ne peut pas être mené au même niveau et c’est la littérature qui prend le dessus.

B’A : Si tu ne faisais pas cela, quel aurait pu être ton autre métier ?
Invité : Aucune des mes activités artistiques n’est viable, il faudra bien que je réussisse mes études d’anglais.

B’A : Peux-tu nous parler de tes projets ?
Invité : Je débute l’écriture d’une novella fantastique qui se déroule dans le milieu du black metal. Je n’ose pas imaginer à quel point il sera difficile de trouver un éditeur pour quelque chose de ce style, mieux vaut écrire sans trop y penser pour le moment.

B’A : Quels conseils donnerais-tu pour quelqu’un qui veut se lancer à son tour ?
Invité : Gardez courage même s’il y a des refus d’éditeurs et profitez du temps que cela vous laisse pour peaufiner votre manuscrit. Il faut toujours avoir une certaine distance par rapport à son texte et le temps amène souvent un regard neuf qui permet de se réinventer. Lisez, développez votre culture, enrichissez votre monde. Je conseillerais également de ne pas se précipiter sur l’auto-édition au premier obstacle à moins qu’il ne s’agisse d’un vrai choix. Les refus ne sont pas toujours synonymes d’absence de talent alors il faut avoir confiance en soi et persévérer, le monde de l’édition est impitoyable même dans les petites structures, mais c’est la passion qui nous fait tenir.

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