Il s'agissait de ma première interview, juste avant la sortie de mon recueil. Les questions sont très complètes.


B’A : Pourquoi avoir choisi plutôt d'utiliser son patronyme ou un nom de plume ?
Invité : Rosenheim est un pseudonyme, je n’avais tout simplement pas envie d’utiliser mon vrai nom. J’aime beaucoup la langue allemande, le romantisme et les compositeurs classiques, les châteaux de la vallée du Rhin. Bref, j’avais envie d’un nom qui évoquait tout cela.

B’A : Comme tout auteur, il se cache derrière un lecteur assidu. Quelles sont tes amours littéraires ?

Invité : J’ai commencé par lire les classiques de la littérature fantastique comme Dracula ou Carmilla, le gothique est toujours mon style de prédilection à l’heure actuelle. Je lis beaucoup de recueils de nouvelles et d’anthologies. J’essaye également de lire un peu de fantasy, de science-fiction ou quelques romans historiques et puis j’aime les vieux livres.

B’A : Peux-tu nous parler un peu de ta passion. Comment celle-ci est née.
Invité : J’ai commencé à écrire en 2006, c’est l’univers gothique et vampirique qui m’a donné le premier élan. J’avais envie de retranscrire cette ambiance que j’aimais tant.

B’A : Qu’est-ce qui t’a motivé à la partager avec un public ?
Invité : L’idée de faire un recueil sur le thème du vampire est née assez vite et je crois que j’ai toujours eu en tête de le publier. Plutôt solitaire et timide, je voulais exister au travers de mon art.

B’A : Qu’est-ce qui a été le plus dur pour te faire éditer ? Raconte-nous un peu ton parcours.
Invité :
J’ai essuyé de nombreux refus pendant trois ans. Au fur et à mesure, j’ai peaufiné certains textes et écrit de nouveaux plus matures. Au-delà des lacunes que pouvaient présenter mes premiers essais, je crois que le style de mon livre sort un peu des sentiers battus. Les nouvelles sont parfois très courtes et cela ne plaît pas à tout le monde, de même que le style parfois très poétique. Par ailleurs, la diversité des registres m’a déjà été reprochée alors que mon but était justement de multiplier les points de vue sur une créature qui a déjà été tellement exploitée.

B’A : Comment s’est déroulé le contact avec l’éditeur quand ton manuscrit à été accepté ? As-tu dû faire des concessions au niveau de ton manuscrit (modifier certaines choses dans l’histoire) ?
Invité : Le contact avec Rebelle Editions s’est très bien passé, après une énième déception, l’équipe m’a donné la chance de réaliser ce projet alors que je commençais à sérieusement déprimer.

Il n’y a pas eu de modifications profondes sur mon manuscrit.

B’A : D’où te vient ton inspiration ? As-tu une technique pour éviter la panne sèche ou te remotiver ?
Invité :
L’inspiration peut venir de diverses choses, tout d’abord un univers, un pays, une période que je veux mettre en lumière, ensuite je réfléchis à la manière d’y introduire un vampire et de lui donner de l’originalité. L’histoire se greffe naturellement à tout cela et je la note sur un bout de papier avant de commencer la rédaction sur ordinateur.

B’À : En tant qu’auteur, qu’est-ce qui te pose le plus de difficultés ? Y a-t-il quelque chose que tu t’interdis d’écrire ?
Invité : Je suis quelqu’un de relativement peu productif et j’attends que l’inspiration me vienne sans forcer. Il est parfois frustrant d’avoir tant d’idées en tête et de ne pas réussir à les écrire aussi vite qu’elles viennent.

Je ne m’interdis rien en particulier sauf d’écrire sous la contrainte quelque chose qui ne me fait pas vibrer.

B’A :
As-tu des modèles qui t’ont inspiré ?
Invité : Les auteurs du dix-neuvième siècle ont été mes premiers modèles à commencer par Théophile Gautier et sa morte amoureuse. J’ai lu beaucoup d’œuvres vampiriques ainsi que des nouvelles en tout genre, on peut citer par exemple Anne Rice, Estelle Valls de Gomis et Sire Cédric parmi mes premières lectures. Une œuvre qui m’a beaucoup marquée est le recueil de Tanith Lee intitulé Ecrit avec du sang. Si la ressemblance du titre est une coïncidence (j’avais déjà choisi le mien avant) c’est un auteur qui a beaucoup influencé mes nouvelles les plus récentes. Ce que j’apprécie chez Tanith Lee c’est qu’elle garde la beauté et la sensualité des vampires aristocrates tout en parvenant à créer des histoires surprenantes et originales. C’est cet équilibre que je cherchais à atteindre dans mon propre recueil

B’À : Tu as adopté un style, penses-tu te risquer à effleurer d’autres genres à l’avenir ou te sens-tu suffisamment à l’aise avec le tien pour lui être fidèle ?
Invité : Je suis particulièrement à l’aise avec l’univers gothique, mais mon recueil effleure également la fantasy et la science-fiction, parfois dans un registre humoristique. Je pense que c’est l’imaginaire qui me tient à cœur d’une manière générale.

B’À : À quel personnage/créature tu t’identifies ou aurais-tu aimé être ?
– Et parmi les personnages/créatures de tes œuvres ? Qui te ressemble le plus ? Lequel aurais-tu voulu être ?
Invité :
Un personnage que j’admire beaucoup est Clarimonde, la vampire de La morte amoureuse, texte que j’ai déjà cité plus haut.

Parmi mes personnages j’aime beaucoup Céleste, mais d’autres me ressemblent aussi beaucoup comme Edward ou Anneke. D’une manière générale, j’aime créer des personnages qui partagent mon désenchantement et mon cynisme.

B’A : Quelles œuvres aurais-tu aimé écrire ?

Invité : Ecrit avec du sang de Tanith Lee

B’A : As-tu d’autres activités en parallèle qu’elles soient artistiques ou non ?
Invité : Je joue du piano et de la guitare, vous pouvez entendre l’une de mes compositions (au piano) sur le trailer du recueil. J’aimerais beaucoup intégrer un groupe de black metal. En attendant, l’écriture reste ma priorité même s’il faut avouer que la musique demande plus d’efforts au quotidien. Je suis aussi modèle et photographe, mais je préfère rester dans un cadre amateur pour cette activité là.

B’A :
Comment t’organises-tu pour tout concilier ?
Invité : Mes études me laissent pour le moment le temps de me consacrer à mes divers projets, mais il est vrai qu’il faut choisir ses priorités, tout ne peut pas être mené au même niveau et c’est la littérature qui prend le dessus.

B’A : Si tu ne faisais pas cela, quel aurait pu être ton autre métier ?
Invité : Aucune des mes activités artistiques n’est viable, il faudra bien que je réussisse mes études d’anglais.

B’A : Peux-tu nous parler de tes projets ?
Invité : Je débute l’écriture d’une novella fantastique qui se déroule dans le milieu du black metal. Je n’ose pas imaginer à quel point il sera difficile de trouver un éditeur pour quelque chose de ce style, mieux vaut écrire sans trop y penser pour le moment.

B’A : Quels conseils donnerais-tu pour quelqu’un qui veut se lancer à son tour ?
Invité : Gardez courage même s’il y a des refus d’éditeurs et profitez du temps que cela vous laisse pour peaufiner votre manuscrit. Il faut toujours avoir une certaine distance par rapport à son texte et le temps amène souvent un regard neuf qui permet de se réinventer. Lisez, développez votre culture, enrichissez votre monde. Je conseillerais également de ne pas se précipiter sur l’auto-édition au premier obstacle à moins qu’il ne s’agisse d’un vrai choix. Les refus ne sont pas toujours synonymes d’absence de talent alors il faut avoir confiance en soi et persévérer, le monde de l’édition est impitoyable même dans les petites structures, mais c’est la passion qui nous fait tenir.

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